Flâner dans le dixième arrondissement. (10ème)

Le dixième arrondissement ce sont bien sûr les balades le long du canal St Martin, les flâneries dans les passages couverts mais  hormis pour  les deux portes monumentales déjà évoquées lors de précédents articles (Voir Menu-10ème) ce n’est pas un lieu touristique et c’est tant mieux! Pourtant se balader dans le 10ème c’est avoir l’impression particulière de changer d’atmosphère à chaque coin de rue. Le 10ème c’est également une grande concentration de théâtres et café-théâtre, pas moins de sept entre la rue de Strasbourg et la rue du Faubourg St Martin.

La promenade commence Place de la République.

Devenue tristement célèbre suite aux récents événements de 2015, la place de la République a toujours été un haut lieu de manifestations ou dernièrement de recueillement.

La statue de Marianne en bronze mesure 9m50 de haut. Debout, vêtue d’une toge et du bonnet phrygien (symbole de liberté)  elle est posée sur un socle en pierre de 15m de hauteur. L’ensemble inauguré en 1883 est l’œuvre de Léopold Morice. Dans sa main droite un rameau d’olivier (symbole de paix) et sous la gauche, la tablette où sont inscrits les Droits de l’Homme.

Le Lion, également en bronze au pied de la statue, représente le Suffrage Universel.

Sur le socle sont assises les allégories de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité.

Le bassin cylindrique tout autour a été ajouté en 2013. Depuis l’été 2016 les dessins, mots, bougies et photos laissés au pied du monument, en hommage aux victimes des attentats ont été archivés par la Mairie de Paris pour en conserver la mémoire.

Un petit détour de l’autre côté du canal, rue Alibert.

Là aussi le lieu est chargé d’émotion puisque c’est au coin de cette rue que se trouve le Petit Cambodge un des restaurants pris pour cible lors des attentats du 13 novembre 2015.

Sur les murs de l’école toute proche une fresque superbe réalisée par des artistes de rue.

Des écoliers, à leur manière, témoignent eux aussi du triste événement.

Sur les murs de l’Hôpital Saint Louis d’autres dessins interpellent le passant.

Rebrousser chemin et rejoindre la rue Lancry. A partir de là, on entre dans une sorte de bulle africaine et rétro où les boutiques semblent tout droit sorties d’un autre siècle.

C’est dans la rue du Château d’Eau, surnommée « la petite Afrique » à cause de son nombre incalculable de coiffeurs affro et d’épiceries exotiques, que l’on trouve (au n°39) la maison la plus étroite de Paris: 1m10 de façade, un seul étage et 5m de haut.

Rue du Faubourg St Martin  voici le café-théâtre du Splendid. Il a été inauguré en 1896 lorsqu’il s’appelait Fantaisies St Martin. Après avoir accueilli Mistinguett et Maurice Chevallier en leur temps, puis la troupe du Splendid (Christian Clavier, Gérard Jugnot, Michel Blanc, Thierry Lhermitte etc…),  ce sont des comiques qu’il héberge la plupart du temps d’où son surnom de Temple de l’Humour.

Au n°18 rue de Paradis, Le Manoir de Paris, anciennement Musée de l’Affiche puis Musée de la Publicité est devenu plus récemment une attraction touristique (pour les attirer?) de type maison hantée.

L’immeuble est l’ancien magasin de vente des faïenceries de Choisy-le-Roi et a été classé Monument Historique en 1981. Boulenger est le nom de la dynastie d’industriels de la céramique qui en deviennent propriétaires.

Rue de Hautevillle, élégance d’une enseigne.

Et petit clin d’œil à Misstic dont j’apprécie particulièrement les graffs.

Face à la Place Franz Liszt, l’imposante église St Vincent de Paul (1844) domine le quartier.

L’église est inscrite aux Monuments Historiques depuis 1944. Sa façade (mariage de plusieurs styles) est due à l’architecte Jacques Ignace Hittorff.

Les plaques de laves émaillées, équivalent moderne de la mosaïque,  sont l’œuvre de Pierre Jules Jollivet.

Au-dessus de la porte, la Sainte Trinité et, de chaque côté, les épisodes du Nouveau et de l’Ancien Testament. Mis en place en 1860 ces six tableaux firent scandale et devant la pression du clergé, les plaques furent retirées. Ce n’est que 150 plus tard que la façade retrouvera sa superbe.

« Un prêtre, raconte Jollivet, du haut de la chaire avait dénoncé aux fidèles l’immodestie des sujets représentés par l’artiste ; les mères devaient défendre à leurs filles de lever les regards sur la face de la maison du Seigneur polluée par les images de la création, de la faute et du châtiment de nos premiers parents et par celle du Christ qui, dépouillé d’une partie de ses vêtements, recevait le baptême dans les eaux du Jourdain »

Redescendre rue de Hauteville et se diriger rue des Petites Ecuries pour rejoindre la Cour du même nom. La Cour des Petites Ecuries est un havre de paix en plein Paris où l’on peut agréablement déjeuner à l’ombre des acacias.

Rue de Metz au n°1, à l’angle de deux rues, un immeuble de bureaux attire le regard. Il s’agit d’une construction de Charles Lefebvre qui date des années 20. L’enseigne toujours en place surmonte l’entrée. Les établissements Gaston Verdier étaient fabricants de bonneterie. Les céramiques qui recouvrent entièrement l’immeuble proviennent des ateliers Gentil et Bourdet.

A noter les motifs floraux et géométriques (style Art Déco), têtes de lion et le monogramme GV.

Terminer la promenade par le circuit des théâtres. Au nombre de sept dans l’arrondissement.

Le Théâtre Antoine, aux jolies mosaïques, date de 1888. André Antoine le premier propriétaire en fit un « théâtre libre », ouvrant son répertoire à de jeunes auteurs étrangers (Ibsen, Strindberg, Tolstoï) mais aussi à Sartre et Camus entre autres. Il est inscrit au titre des Monuments Historiques depuis 1989.

Près de la Porte St Martin , deux théâtres côte à côte.

Le théâtre de la Renaissance construit en 1872 sur les décombres d’un restaurant incendié par la Commune de Paris est un théâtre à l’italienne également classé monument historique depuis 1994. Feydeau y a écrit sa première pièce et Guitry y fit ses premiers pas de comédien. Sarah Bernhardt en fut la directrice de 1893 à 1899. Plus récemment Fabrice Luchini, Guy Bedos et Francis Huster s’y sont produits.

Le théâtre de la Porte St Martin était à l’origine un opéra construit sur ordre de Marie-Antoinette en 1781. Drames romantiques, textes de prestigieux auteurs comme Victor Hugo ou Alexandre Dumas y sont joués. Détruit lors d’un incendie par la Commune de Paris en 1871, il est reconstruit sous sa forme actuelle en 1873. On y donne des spectacles très variés musicaux, mimes, opérettes, comédies ou pièces plus classiques.

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