La rue Réaumur et l’Art Nouveau. (2ème)

Cette rue, véritable laboratoire de l’Art Nouveau, doit son nom à un grand savant français René-Antoine Ferchault de Réaumur, physicien et naturaliste. Elle s’étend sur deux arrondissements (le 2ème et le 3ème) mais cet article ne concerne que la partie qui relie la rue St Denis à la place de la Bourse dans le deuxième.

Inaugurée en 1897 par le Président de la troisième République Félix Faure, cette rue était une rue de commerce de gros et de textile. Les architectes devaient concilier le côté pratique (un lieu fait pour fabriquer et vendre) et artistique, en créant une architecture originale. Des matériaux nouveaux, fer et béton, sont utilisés et la mairie organise un concours de façades pour l’occasion. Par la suite le concours s’étendra à l’ensemble de la capitale.

Aux N° 61/63  de la rue Réaumur.

C’est tout d’abord la façade néo-gothique de l’immeuble surmontée d’une horloge qui attire le regard et attise la curiosité. En s’approchant on remarque alors, sculptés au-dessus de la porte, les signes du zodiaque et les saisons puis autour du cadran, une évocation des douze mois de l’année. Construit en 1898, dans le style Art Nouveau par les architectes Philippe Jouannin et Edouard Singery et le sculpteur F-A Jacquier.

Au N°69, c’est la même année que l’architecte Ernest Pergod construit l’immeuble en pierre de taille de deux étages surmonté d’une superbe verrière métallique.

Au N°93, un immeuble d’angle réalisé par les architectes Léon Bonnenfant et Denis Destors, toujours en 1898, offre la modernité de ses immenses baies vitrées qui tranchent avec les lucarnes de toit en pierre ouvragée.

Du côté pair de la rue, on repère de loin les Atlantes du N° 116 qui soutiennent la corniche supérieure de l’immeuble réalisé par l’architecte Albert Walwein en 1897 et primé au concours des façades. L’immeuble était une commande de la Maison Storch fabricants  de flanelle, (voir l’article sur La Vieille Ville-Prague) mais de cette époque, il ne reste que le rez-de-chaussée. Dans le médaillon surmonté d’un fronton triangulaire, Venus et deux amours et de chaque côté des têtes de lion. La composition à sujet mythologique mettait en valeur l’enseigne commerciale supportée par les Atlantes.

Au N°118, on a également la parfaite illustration de l’adaptation de l’Art Nouveau aux impératifs commerciaux. La construction en pierre de taille est symétrique – ce qui n’est pas courant dans le style Art Nouveau- et la verrière métallique s’élève sur trois niveaux agrémentée de chapiteaux et de balustrades. L’immeuble a été construit en 1900 par l’architecte Joseph Charles de Montarnal et a lui aussi été primé au concours des façades.

Au N°124, l’immeuble est généralement attribué à l’architecte Georges Chedanne. Des poutrelles en acier en ligne droite s’étagent jusqu’au quatrième où trois bow windows, d’acier elles aussi, semblent surgir du mur. Le dernier étage en briques surprend également. Certainement un parti pris pour distinguer la partie habitation de la partie industrielle.

Au N°130, à l’angle de la rue Léon Cladel, l’immeuble de bureaux en pierres de taille qui date de 1898  est l’œuvre de l’architecte Joseph Charles de Montarnal.

Au N°121, à l’intersection de la Rue des Victoires, un bâtiment construit en 1900 par Charles Ruzé dont les fenêtres galbées donnent sur la place de la Bourse.

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